Edito : de la nouveauté dans le respect

Il est encore temps de vous adresser nos meilleurs vœux pour 2020, vous souhaitant de trouver cette année le juste équilibre qui permet d’être solide, confiant et heureux avec ceux qui vous entourent.

Les chiffres de fin d’année sortent les uns après les autres. Sans trop de surprises. La croissance infinie de l’économie n’est plus possible et la société de consommation se réveille avec une belle gueule de bois. Quelle ironie, bravo la Dry January ! Encore une fausse bonne idée pondue par des dogmatiques qui pensaient les français capables de se réformer ! ahahah ! Car le rire est jaune. Et flirte avec le nihilisme.

L’humeur générale cède à la fatigue et au découragement. Mais comme c’est le début d’année, des bonnes résolutions restent à prendre pour ne pas baisser les bras.

Certes, le début d’année va être difficile, des petites entreprises fragiles vont sans doute boire le bouillon. Tout notre soutien à ces victimes collatérales des déferlements court termistes. Qu’ils trouvent dans cette péripétie des forces pour rebondir d’autant mieux et garder le cap : l’avenir se construit, sur des idées positives et intelligentes. En construisant plutôt que sabordant les efforts des autres.

Les vignes à Paris

Donc en utilisant son cerveau plutôt que ses gros bras. C’est la morale de toutes les mythologies et universellement cette utopie nourrit l’espoir. Elle inspire le fil conducteur de notre première Lettre d’informations 2020 des cavistes.

Ne pas confondre technophilie et début de presbytie

Un récent article dans un media national dénonçait la distorsion de concurrence que subissent les entreprises commerciales françaises : 98% des sites qui font de la vente en ligne ne paient pas la TVA. Un scandale total, un racket organisé de l’extérieur pour casser les systèmes productifs et de redistribution.

Côté cavistes, la vente en ligne des vins et alcools est sous surveillance depuis que venteprivee.com avait tenté d’utiliser l’image et le positionnement de références vendues par les cavistes. Et chacun surveille comme le lait sur le feu la récupération potentielle par ces nouveaux opérateurs de la “vente par correspondance numérique” des difficultés provoquées par les mouvements sociaux qui se succèdent depuis fin 2018.

Pour le moment, selon la récente étude communiquée par FranceAgrimer, le circuit digital stagne en matière de ventes de vins et alcools, en tout cas sur le marché français, avec un chiffre d’affaires estimé à 500 millions d’euros (contre plus de 2 milliards d’euros pour les seuls cavistes). C’est un secteur qui se concentre, avec quelques entreprises qui s’installent, mais le reste cherche toujours son modèle.

La tendance est à la phygitalisation, c’est-à-dire à un retour au magasin physique.

La “gadgetophilie” des générations qui ont traversé les trente glorieuses et sont convaincues que ces temps étaient durables en prend un coup. Et non, les jeunes ne sont pas guidés aveuglement par la nouvelle technologie.

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Par contre, ils adaptent clairement ces outils à leurs besoins.

Espèce de fragile !

Pendant que le vieux monde se toise et que les boomers dirigeants de tous pays roulent des mécaniques, ceux qui seraient les premiers concernés en cas de remilitarisation du monde se partagent des sons, des images, jouent en ligne, se diffusent des mêms, etc

L’attitude de nos jeunes illumine l’horizon. 

Désinvestis (pense t’on) de l’actualité, addicts de leurs communautés en ligne, inventant (tous les jeunes l’ont fait à toutes les époques), leur vocabulaire, leurs codes, des modes de communication qui franchissent les frontières de classes.

En fait ils créent leurs cultures générationnelles tout en érigeant au niveau individuel une carapace émotionnelle qui, c’est inquiétant il est vrai, valorisent l’insensibilité.

Mais finalement cette façade, pourtant parfois très opaque, leur permet juste de protéger leur être intérieur. Ils sont bien plus pacifistes qu’on ne l’imaginerait en les regardant et en partageant la puissance des sons qui transcendent nos jeunes hard rockers ou autres amateurs d’ondes puissantes

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Les ambiances des festivals et taux d’agression internes servent d’indicateurs objectifs capables de supplanter la programmation pour nos ados et jeunes adultes qui, telles des abeilles, se transmettent (sur) les ondes leurs impressions générales quant à l’ambiance à attendre, prêts à reprendre leurs billes et à changer de crèmerie si les risques de violence dépassent leur seuil d’acceptabilité.

Grâce au digital, ils réfléchissent collectivement et se réorganisent en essaim.

Nos jeunes, quoi qu’on en pense à ces temps troubles, cherchent des îlots sans heurts … et se déplacent à mesure que la brutalité du monde les y rejoint, pour chercher d’autres parenthèses enchantées.

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Ces recherches d’harmonie rejoignent les univers que véhiculent les cavistes. Les scènes de partage d’un verre de vin (ou de breuvage mis en scène selon les mêmes symboliques) restent des références dans les scenarios futuristes des films block boster diffusés aujourd’hui à l’échelon universel pour décrire des moments de réflexion, de retrouvailles, de célébration, bref, des moments où, après moultes difficultés voire combats, l’on se reconnecte avec soi-même et avec les autres. Quelque soit l’époque, ces moments font partie des rythmes de vie.

Un monde en mouvement

Ils sont donc tendres, nos jeunes, et ils préfèrent contourner les obstacles qu’affronter la bêtise. Ils sont entrepreneurs, à leur niveau, sans raffut, et finalement font petit à petit les choix qu’il faut pour investir dans leur avenir.  Revoyant ainsi ce qui devient leurs valeurs.

Le développement des circuits courts, le retour au local et au bon sens contrarient les modèles centralisateurs et déresponsabilisant qui se sont imposés ces dernières décennies et nous conduisent droit dans le mur. Et en cela les cavistes, comme leurs confrères commerçants de bouche et de proximité, bénéficient de ce report.

JF Venck Confidences d'un caviste

Saluons en cette nouvelle année la naissance de l’Ucair, le nouveau bras syndical des cavistes pour résister à la pression hégémonique et brutale de la grande distribution. Le modèle de société véhiculé par ces grandes enseignes s’invite en effet maintenant brutalement dans les instances de négociations paritaires qui jusqu’ici ne réunissaient que des commerces alimentaires indépendants et spécialisés. Face à un monde qui bouge, il vaut mieux s’unir pour résister et se réorienter (voir article).

Le nouveau caviste, entre rebelle et  grand frère

Il vaut mieux en effet se réorganiser pour avoir prise sur le réel.

C’est aussi pour cela que nous reposons dans cette Lettre le sujet de la consigne des bouteilles. Épiphénomène ou tendance de fond ? Est-ce que les cavistes sont concernés ? Car mine de rien, des dynamiques locales se multiplient dans toute la France, et s’appuient autant sur des producteurs qui concilient ainsi idées personnelles et activité professionnelle que sur des commerces de proximité qui, en aval, sont nés d’énergies venues de citoyens acteurs qui ont transformé en acte constructif leur hostilité au monde “officiel”. Et tout ça contre un modèle industriel extrêmement massif, celui des verriers et des filières viticoles, extrêmement inerte. Donc extrêmement dur à réformer. 

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Pourtant, les énergies résistent, les initiatives associatives fond des petits et recrutent de nouveaux relais …

C’est la même dynamique qui explique la multiplication des brasseries indépendantes, une autre vraie révolution en cours dans le secteur, sur fond de, là encore, d’envie de vivre, en mode passionnés. C‘est un profil qui correspond assez à celui du caviste. Quelqu’un de profond.

La profession des cavistes est riche de belles personnalités sincères, passionnées, qui ont avant tout cherché à joindre l’utile à l’agréable, à faire du bon, du sain, du “différent”. Pourtant le métier n’est pas facile, il faut en mobiliser du courage, donc se révéler à soi-même,  pour oser l’aventure Caviste. Car celui ou celle qui franchit le cap s’inscrit clairement à contre-courant des aspirations purement mercantiles des dirigeants de ce monde. Et son professionnalisme s’appuie sur le subtil équilibre de des multiples facettes.

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Et plutôt que la guerre économique, le monde des cavistes rivalise par l’excellence. Plutôt que le dénigrement stérile, orientons plutôt notre énergie pour nous grandir les uns les autres. C’est ce que permet le Concours du meilleur Caviste de France. L’édition 2020 est lancée ! Début des inscriptions en ligne : à partir du 1er février. La profession va donc désigner ses champions et évaluer ainsi ses propres limites. Tout en accueillant ceux qui participent à sa diversité et à sa modernité. 

Car les consommateurs connaissent le Concours du meilleur Caviste de France ! Même si  ils ne visitent pas souvent les cavistes ! Une heureuse surprise en effet lorsque ces gens réunis à l’occasion d’une table ronde organisée par IPSOS ont spontanément associé le logo du Syndicat des Cavistes Professionnels figurant sur un des supports avec celui des “organisateurs du Concours du meilleur caviste de …” !

Et même si ils les connaissent peu, ces mêmes clients reconnaissent aux cavistes un statut de référents, fiables, qui tient son rôle de conseil. Cette image d’expert est une vraie force pour les cavistes car c’est la valeur ajoutée que déjà ces clientèles non-connaisseurs leur confèrent. 

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Au point même, et là il va falloir réagir, qu’ils la pensent suffisante pour justifier de rentrer dans une boutique spécialisée… pour ceux qui en ont les moyens. Il suffirait donc de faire comprendre que les bouteilles aussi sont différentes, sans pour autant coûter plus cher ? Rendre audibles les messages sur les contenus pour ne plus parler du contenant ? Cela commence à faire beaucoup de sujet qui convergent…

Classe vendanges à Issy les moulineaux

C’est toute une (r)évolution qui se fait, peut être, discrètement. Et qui remet les pendules de la vie à l’heure. C’est comme quand on aime le vin, c’est toute une philosophie de vie qu’on lui associe, celle qui permet de faire la part des choses entre ce qui est fondamental … et ce qui ne l’est vraiment pas. 

Joli signal que celui adressé par cette génération Z américaine (ceux qui sont nés après 1995) qui se rendent “davantage que leurs aînés dans des magasins de vins et spiritueux pour faire des emplettes”. En écho à une autre tendance d’outre atlantique qui signale que “si les ventes en ligne progressent à un rythme annuel de 40%, la plupart des américains qui ont déjà commandé des boissons alcoolisées sur internet préfèrent acheter en magasin(Enquête réalisée par Drizly, citée par VSNews du 6 au 12 décembre 2019).

et d’abord, hiérarchiser les priorités

Pour ces acheteurs de vins ou de bières ou de whisky, de Champagne ou tout ce qui construit certains rituels sociaux, le lieu d’achat devient donc essentiel. Sociologiquement, ces cavistes issus de la société civile sont des grands frères qui initient ceux qui viennent apprendre et s’éduquer … pour se faire du bien.

C’est l’envie qui, avant même la nécessité, réoriente nos sociétés. L’envie de se reconnecter à soi-même… et aux autres. Une énergie positive qui prend le dessus. En court-circuitant ce qui brouille le signal.

Les cavistes seront aussi présents à Wine Paris, qui pour la première fois réunit toutes les délégations viticoles françaises … et leurs prescripteurs. Des stands pour favoriser la rencontre entre cavistes, français ou étrangers, des table-rondes consacrées aux problématiques des cavistes, un parcours spécial caviste conçu par le Meilleur caviste de France himself. En bref, à part le vernis anglo-saxons destinés à faire briller l’offre hexagonale auprès des acheteurs étrangers, on sera « chez nous », entre vrais professionnels du bon vin … Alors, prenez connaissance des programmes et profitons-en pour nous y retrouver ? 

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